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Papa

6 Décembre 2013 , Rédigé par MarieCornaline Publié dans #Chansons

Je ne vais pas te dire papa,
Qu’à la moitié de ma vie,
J’en ai perdu des millions,
A espérer des paradis,
A m’inventer des prisons.

Je ne vais pas te dire papa,
Que je n’ai pas cru en mes mains,
Parce qu’il est plus facile d’accuser le destin.

Que d’avoir jeté trop d’heures,
Au feu de la mélancolie,
J’ai des envies bien poussiéreuses,
Avec du temps en déficit.

Je ne te ferai pas ces aveux,
Je vais te laisser devenir vieux,
Comme tu le veux,
C'est-à-dire en fermant
les yeux.

Je ne vais pas te dire papa,
La fierté de ne plus cacher,
Ma tête dans le creux de mes mains,
Parce que j’ai honte d’avouer,
Que je la tourne souvent très bien.

Je ne vais pas te dire papa,
Que j’entends puer les odeurs,
Les cris pestilentiels des versets de la peur.

Que rien ne change dans les complots,
Que rien ne bouge dans les complaintes,
Que je vois se pointer à nouveau,
Les aubes fertiles de la haine.

Je ne te ferai pas ces aveux,
Je vais te laisser devenir vieux,
Comme tu le veux,
C’est-à-dire en fermant
les yeux.

Je ne vais pas te dire papa,
Toutes les blessures de la terre,
Ni les plaies des trente glorieuses,
Les artifices des missionnaires,
Qui chantent leurs mensonges en berceuse.

Je ne vais pas te dire papa,
Qu’ils ont aimé vous endormir,
Au travers du miroir d’un trop riche avenir.

Qu’ils ont labouré nos cerveaux,
Jusqu'aux racines de nos rêves,
Que pour semer nos idéaux,
On manque de graines originelles.

Je ne te ferai pas ces aveux,
Je vais te laisser devenir vieux,
Comme tu le veux,
C'est-à-dire en fermant
les yeux.

Je ne vais pas te dire papa,
Qu’à la moitié de ta vie,
Je n’en ai parcouru qu’un tiers
Que je me sens toute engourdie,
Comme si demain était hier.

Je ne vais pas te dire papa,
La violence de mon tourment,
A devoir frapper dans des moulins à vent.

Que j’ai besoin de prendre l’air,
Mais enfermée dans une bulle,
Que je veux créer la lumière,
Mais ne connais pas la formule.

Je te dirai juste à l’oreille,
Que j’aimerai devenir vieille,
Comme toi pareil,
C'est-à-dire la vue en
sommeil.

hebergeur image

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Thierry 07/12/2013 09:11

Un état des lieux douloureux des émotions de la vie, une projection inquiète vers les jours à venir, comme si se tenaient en nous les charges accumulées par nos pairs (pères et mères), des fardeaux à poser pour ne pas se traîner à notre tour, pour ne pas démarrer avec un handicap qui ne nous appartient pas...Impitoyable travail d'épuration pour que l'envol soit possible.